Hello ! Maintenant que ça va vraiment mieux, j’ai eu envie de partager ce petit texte qui m’est venu soudainement.
Prenez soin de vous !
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Mine de rien, il y a quelques temps, j’ai tranquillement failli me foutre en l’air.
Moment étrange, suspendu, presque joyeux. Se sentir dans un cocon soyeux, détaché de tout, sans cris, larmes, précipitation ou panique. La certitude soudaine d’être là où il faut et de faire ce qu’il faut. La décision est prise, après tout, c’était le plus dur. On est enfin au bout, on peut enfin souffler et glisser dans un long sommeil sans rêves.
C’est précisément le piège. Ce moment craint, fantasmé, il est presque devenu un compagnon, une porte de sortie sur laquelle on peut toujours compter. Il suffira de la prendre le moment venu. C’est presque rassurant.
Ça ne vient pas d’un coup. Ce n’est pas non plus là tout le temps. Mais parfois, le voilà qui surgit, avec sa gueule noire et suintante cachée derrière un sourire rassurant. Il s’assied à côté de toi, te serre le bras, te dit que ça va aller.
« Je pense à toi, tu sais. Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, c’est toi qui as raison. T’as fait le bon choix. Je suis de ton côté. On va te traiter de lâcheur, de faible, d’égoïste ? Et pourquoi pas ? Pourquoi ne pas penser à toi, pour une fois ? C’est toujours toi qui fais les efforts : te conformer, sourire, prétendre pour ne pas mettre mal à l’aise… T’as pas besoin de subir tout ça. Et puis, tu leur dois quoi, aux autres ? »
Et là, tu as le pied dans le gouffre et il ne reste plus qu’à mettre le second. Tout ce qui aurait pu te retenir a été soigneusement pesé puis levé. Oui, ça fera très mal à ceux qui t’aiment mais, finalement, ce sera un mal pour un bien. Ils seront mieux sans toi, même s’ils ne s’en rendent pas compte tout de suite. Les autres, on s’en fout, ils t’ont déjà oublié. Tu n’as rien réalisé de marquant dans ta vie, tout ça n’est que du bruit insignifiant. C’est OK. Le piège est béant et rien ne peut t’empêcher d’y aller.
Rien
Sauf peut-être le coup de truffe mouillé et inattendu que le vieux chien te colle dans la joue. Ça l’air con, mais il s’assure que tu es là. « Vieux pote, tu bouges pas et tu fais pas de conneries, promis ? Que je puisse me rendormir peinard sur ma vieille couette au pied du canapé ». Je laisse mes doigts courir dans la vieille fourrure. C’est doux. Allez, on verra ça demain. Après tout, y a rien qui presse.
Rien
Sauf un appel impromptu d’un de tes gosses pour te dire que, dans sa vie, ça va. Juste ça. Pas pour une CB bloquée, une amende de stationnement, une clé d’appart oubliée, une galère de facture ou des emmerdes au boulot. Non. Juste : « je me balade et j’ai eu envie de t’appeler, pour rien ».
Rien
Sauf cette chanson à la con. Mince, j’ai laissé tourner la playlist sans même m’en rendre compte. Et paf, la voilà dans ma tête. Celle là et pas une autre. Celle qui nous fait toujours pleurer et qu’on écoutait, ou que je me jouais dans ma tête, va savoir, ce jour-là. On s’est regardé. J’ai plongé dans tes yeux marrons aux paillettes dorées. Et on a dit, mine de rien, « et si on le faisait, ce bébé… ? »
Rien
Un rien, un petit rien, trois fois rien.
Je ne sais pas ce que peut être ce trois fois rien. Si t’aimes pas les chiens, forcément, les truffes mouillées, ça ne doit pas être ton truc (essaie quand même, c’est bien sympa). Mais ce rien qui t’appartient, note-le et garde-le sur toi. Au cas ou tu aies encore envie de sauter dans le piège. Je ne sais pas ce que dit le philosophe, ou le poète, pour ce que ça vaut. Mais les petits rien, ce ne serait pas le sens de la vie, après tout ? Si on les empilait, ces petits rien ?
Car à la fin, on ne sera plus rien., c’est vrai. Mais hé, c’est pas tout de suite. Y a encore de quoi faire.
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